Merci à mon amie Caroline de m’avoir transmis il y a quelques jours le lien vers cet article de presse que je n’aurais pas vu moi-même, ne lisant plus les journaux . Comme elle s’en doutait bien, il m’a fait réagir…

Si tu n’as pas cliqué sur le lien vers l’article, il fait mention d’un concept qui arrive en Suisse, les « rage room » qui permettent aux énervés de se calmer en cassant du matériel dans une salle sécurisée et anti bruit.

A vrai dire, j’ai les plus grands doutes sur ce genre de solution pour se calmer et exprimer sa colère…

Bien sûr, c’est très souvent utilisé (prenez l’exemple des coussins de colère si souvent recommandé aux parents)…

Il y a env. 2 ans, j’ai pris un connaissance du travail du professeur-chercheur Brad Bushman de l’Institut de recherche sociale de l’Université du Michigan  (cité dans le livre de Will Bowen, 21 jours sans se plaindre – p. 195 – 198) qui a eu un effet particulièrement révélateur pour moi. Après 25 ans de recherche sur la colère, il affirme ceci : »Nos recherches indiquent clairement qu’exprimer violemment sa colère intensifie l’agressivité au lieu de la réduire ». Et voilà ce qu’il écrit à propos de la théorie de catharsis selon laquelle vider sa colère en explosant aurait un effet calmant :

Selon la théorie de catharsis, du fait que l’expression de la colère produit une saine décharge émotionnelle, elle est bonne pour la psyché. Cette théorie, qui remonte à Sigmund Freud et à Aristote, est élégante et attirante. Malheureusement, rien dans les faits ni dans les recherches ne permet de conclure que l’explosion de colère a une quelconque valeur positive. Elle fait du tort à soi et aux autres.

Il présente ensuite une étude qu’il a mené sur 2 groupes de personnes qui ont été mises en situation d’être très contrariées contre quelqu’un. Un groupe a calmé sa colère en restant assis sur une chaise et en respirant tranquillement alors que l’autre groupe s’est calmé en frappant dans un coussin.

La suite s’est déroulé en 2 parties :

Dans la première, les participants contrariés ont pu se venger de la personne qui les avaient énervés en versant du piment dans un verre. Le groupe ayant calmé sa colère en frappant le coussin a mis 2x plus de piment dans le verre que les membres de l’autre groupe…

Puis il a été demandé aux 2 groupes de compléter les textes à trous suivants (mots en anglais) :
CHO_E
ATT_C_
KI__
R_P_

Ceux qui s’étaient calmés en frappant dans le coussin ont complété ainsi :
CHOKE (étrangler)
ATTACK (attaquer)
KILL (tuer)
RAPE (violer)

Et ceux qui avaient dû rester tranquille sur une chaise :
CHOSE (choisit)
ATTACH (attacher)
KITE (cerf-volant)
ROPE (corde)

Un véritable choc pour moi à la lecture de ces résultats ! Et figurez-vous qu’encore toute bouleversée par cette découverte, je vais rapidement faire une course pour le repas de midi et je tombe sur une manchette du Matin sur laquelle est écrit en très gros : »Il tue sa femme parce qu’elle l’a énervé » !!!

Alors malgré la croyance populaire fortement ancrée des bienfaits de l’explosion de colère, cette découverte m’a aidée à renforcer mes convictions personnelles à ce sujet. Je cherche ainsi d’autres moyens pour me calmer lorsque la colère m’envahit… Car le propos n’est bien sûr pas de refouler cette émotion mais de la réguler d’une manière qui ne soit pas nuisible à mon moral, ma santé et la qualité des relations que j’entretiens avec mon entourage.

 

 

 

Et comme dit Thomas Jefferson : « Si vous êtes en colère, comptez jusqu’à dix avant de parler, et jusqu’à cent, si vous êtes bien en colère ».

 

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